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CPGE Scientifiques
2013-2014

Sylvie

  • Auteur de l'analyse : Denis Collin

Sylvie

Téléchargez au format PDF le résumé de l'oeuvre, sous forme de lecture suivie, ainsi qu'une analyse synthétique de l’œuvre  Sylvie de Gérard de Nerval, rédigés par Denis Collin, agrégé et docteur en Philosophie.  

Au programme de l’épreuve de français-philo des concours CPGE scientifiques 2013-2014.

Introduction............................................................................... 55
Étude de l’œuvre 1. Un cadre surnaturel à l’arrière-plan ...................................... 65
2. Le personnage de Macbeth .................................................... 70 3. Lady Macbeth ........................................................................ 83 4. La nuit et le sommeil impossible ........................................... 89 5. « Macbeth ou le cauchemar d’un enfer conscient »............... 92 6. La subversion de l’ordre par un tyran usurpateur .................. 97 7. Le Prince.............................................................................. 104 8. L’abîme du mal .................................................................... 110 Conclusion............................................................................... 118 Bibliographie ........................................................................... 119

I. Nerval et le Romantisme

II. Sylvie

III. Les lieux, les temps, les êtres

IV. La quête amoureuse

V. Le temps de vivre

Textes annexes

1. Un cadre surnaturel à l’arrière-plan
1.1. Les sorcières et le surnaturel dans Macbeth
Tragédie sanglante où les événements décisifs profitent de la nuit enve- loppante pour instiller le mal là où régnait un ordre – ordre juste sous Duncan –, Macbeth se déroule au milieu des brouillards et des brumes, sur les landes désertiques d’Ecosse balayées par les vents et par les tem- pêtes sifflantes. La pièce commence en effet dans le tonnerre et les éclairs, cadre de l’apparition des trois sorcières, indissociables des forces élémentaires. Les sorcières sont les premiers personnages qui apparais- sent, et leur présence entoure d’une atmosphère mystérieuse tout ce qui suit. Pluie, vents, tempête, brume et air souillé, mauvais (I, 1,11). For- mes fantasmagoriques de l’univers, souffle qui se fond dans le vent, ces êtres étranges sont à l’image des bulles qu’elles mijotent dans l’alchimie de leurs chaudrons (acte IV). Elles donnent corps – un corps certes très subtil et fugace, le corps du rien maléfique et diffus – aux forces du mal qui s’épandent partout dans l’univers. Leur prophétie va les faire se con- centrer sur Macbeth et lady Macbeth et « le charme va se faire » (I, 3, 37).
Entre alors en scène Macbeth qui dit, en écho aux paroles des trois sœurs :
« Un jour si noir et si clair, je n’en ai jamais vu. »
(I, 3, 38)

Sylvie


I – Nerval et le Romantisme

L’oeuvre de Gérard de Nerval a été regardée en son temps comme

mineure et presque négligeable. L’individu lui-même était aux yeux

de ses contemporains un dilettante, un original, l’un de ceux que

l’on nommait, avec quelque raillerie : « un bohème. » En dehors de

ses amis Théophile Gautier et Alexandre Dumas, il ne semble pas

qu’il ait été beaucoup lu de son vivant, ni surtout bien lu et apprécié à

l’exacte valeur de son génie. Ses contemporains auront surtout gardé

l’image de l’original, du jeune romantique qui, vêtu du gilet rouge

de la provocation, promenait un homard en laisse dans les jardins

du Palais royal. Ses crises de folie, son étrange suicide ont davantage

marqué ses contemporains que son oeuvre. Ses livres, jugés trop

énigmatiques, ont été délaissés. Il a fallu presque un siècle pour que

l’oeuvre de Nerval soit reconnue pour ce qu’elle est effectivement :

une des oeuvres majeures de la première moitié du xixe siècle, dans

la France romantique. Il aura fallu le regard d’écrivains et de poètes,

comme Marcel Proust ou André Breton ou Julien Gracq, pour faire

apparaître Nerval tel qu’en lui-même : l’un des plus grands et des

plus originaux parmi les écrivains romantiques français.

 

Aperçus biographiques

Gérard Labrunie naît à Paris, le 22 mai 1808. Tandis que son père,

médecin militaire suit les armées napoléoniennes, accompagné par

son épouse, Gérard est placé en nourrice dans le Valois (au nord-

 

est de Paris). Il va vivre à Loisy, village situé entre Ermenonville et

Mortefontaine (lieux qu’on retrouve dans Sylvie).

Sa mère décède en 1810, en Silésie polonaise. Gérard ne l’aura

jamais connue. Toute sa vie, il sera à la recherche d’une image féminine

idéale, susceptible de compenser l’absence de la mère, voire de

remplacer celle-ci. Il croira la trouver au cours de sa jeunesse dans la

personne d’une cavalière hautaine et distante qu’il lui arrive de croiser

sur les chemins du Valois : Sophie Dawes, baronne de Feuchères

et châtelaine de Mortefontaine1. En attendant, il va vivre chez l’oncle

de sa mère, Antoine Boucher, à Mortefontaine. Il y découvrira plus

tard toute une bibliothèque consacrée à l’ésotérisme et aux « sciences

occultes », ce qui peut expliquer, en partie, son penchant futur pour la magie et l’irrationnel.

 

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